Pamphlet contre la bêtise et la méchanceté

 

Cataclysme

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Lundi 5 octobre 2009 - 13h51

Une demande arrive dans ma boite venant de la RH :

Veuillez changer le nom de "DURAND Triniti" en "DUPONT-DURAND Triniti" suite à son mariage.

En une fraction de seconde, tout mon univers s'écroule. Je tremble de tout mon corps, mon cœur s'emballe au point de me faire mal. Je n'entends plus rien ni personne autour de moi, un voile noir commence à brouiller ma vision, mes oreilles bourdonnent. Je sors précipitamment du bureau et tente de l'appeler. Répondeur. Je lui envoie un SMS lui demandant de me rappeler aussitôt qu'elle aura ce message.

Je ne peux pas retourner dans mon bureau, je sors de l'établissement puis vais marcher pour essayer de calmer la tempête qui s'est déchainée en moi. Mon cerveau est pris dans un ouragan de pensées. Quand s'est elle mariée ? Pourquoi ne pas m'en avoir parlé pendant ces six derniers mois ? Comment peut-elle me faire cela sachant très bien ce que cela allait déclencher ? Pourquoi m'avoir fait croire qu'elle m'aimait toujours ? Pourquoi ces sorties, ces cadeaux, l'argent que je lui ai prêté quelques semaines auparavant ? Je sens la folie prendre possession de moi, je pleure, je me sens tomber dans un abysse sans fin, mon corps me fait mal. Je vais supporter cela deux heures avant qu'elle ne m'appelle.

Elle m'appelle, m'accueillant par un « Bonjour » charmant et joyeux, contente de m'avoir au téléphone et que je l'ai sollicitée. Visiblement elle ne connait pas l'objet de mon appel. Je lui apprends ma découverte et elle commence à m'expliquer calmement qu'elle est en formation, qu'elle ne peut pas me parler, que l'on verra ça à son retour dans trois jours . Je ne lui laisse pas le temps de finir. J'ai besoin d'explications, là, maintenant, toute de suite. Elle peut bien laisser sa tomber sa formation que nous ayons une longue discussion. Je suis très agressif, l'accusant déjà de m'avoir menti pendant six mois, de m'avoir fait faire ses quatre volontés pendant tout ce temps, j'ai la voix pleine de sanglots, comment à t-elle pu me faire une telle chose ? Elle raccroche. Je tente aussitôt de la rappeler et je tombe sur son répondeur...

Je vais rentrer tôt et me saouler jusqu'à être malade. Rien à faire, je reste désespérément et incroyablement lucide, incapable de ne  penser à autre chose qu'à elle et sa trahison. Durant les trois jours qui vont suivre, je ne vais ni manger, ni dormir, ni travailler. Je serai bien présent au bureau mais dans l'incapacité de faire quoi que ce soit, je quitterai le bureau plusieurs fois par jour pour aller marcher et marcher encore.

Je vais essayer de l'appeler jour et nuit et je tomberai à chaque fois sur son répondeur, lui laissant message sur message, exprimant un coup mon désespoir, mon amour pour elle, lui expliquant qu'elle vient d'arracher une partie de moi ; au coup d'après ma colère, ma haine quelle se soit mariée dans mon dos, qu'elle m'ait laissé espérer ;  la fois suivante, mon incompréhension, lui posant des questions dont je n'aurais jamais les réponses.

Je vais arpenter les bois de mon village toutes les nuits, hurlant, pleurant, m'allongeant parfois dans l'humus pour essayer de m'enterrer afin que cesse ma douleur. Toutes mes pensées et mes raisonnements ne me mène qu'à une unique fin : le suicide.

Le mercredi matin,première crise de folie : je vais appeler son mari après avoir obtenu son numéro de portable auprès de ses collègues qui le connaissent. Notre conversation sera rapide, moins de dix minutes pendant lesquelles il me laissera m'exprimer. Je lui vais lui expliquer notre liaison, le fait que je l'ai quitté en 2006 après qu'elle m'ait fait quitter ma femme, divorcer, vivre seul, me faisant croire à un vrai avenir avec elle. Que ce mariage était censé n'être qu'une formalité pour protéger leur fils, qu'ils n'avaient aucun rapport amoureux, qu'elle ne m'en parlait plus depuis neuf mois et qu'elle n'avait même pas été capable de me l'apprendre de vive voix. Que j'étais en train de sombrer dans une folie destructrice.

La réponse sera calme, moqueuse, comme remplie d'ennui : non, il s'agit bien d'un vrai mariage d'amour, préparé avec soin ; Oui, ils ont bien une relation amoureuse, des rapports sexuels, après tout ils ont bien eu un enfant ensemble et elle est sous contraceptif. Il a mis fin à la conversation par un "que veux tu que je te dises ?" laconique.

Je vais la rappeler aussitôt pour lui faire part de ma conversation avec son mari. Lui disant ce qu'il m'avait dit. Elle va tout nier en bloc, me dire exactement le contraire : ce n'était qu'un petit mariage, cela fait dix ans qu'il ne l'a pas touchée. C'est un menteur... Elle est courroucée que j'ai appelé Roger. Elle me souhaitera que j'ai un accident de moto et me raccrochera une nième fois au nez.

 Je n'en peux plus ! Tant de mensonges, tant d'hypocrisie. Même au pied du mur, elle me ment effrontément. La folie redouble d'intensité dans mon esprit envahi de pensée de plus en plus morbides. La douleur est trop forte. Je veux mourir, je vais lui dire ainsi qu'à mon ami.

[...]

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